Stolpersteine non localisées fournies aux Archives par l'association Stolpersteine 67. © Association Stolpersteine 67

Exposition « Les Stolpersteine, pavés de la mémoire »

Publié le 04/04/2019

Du mardi 16 avril au vendredi 17 mai

Les Archives départementales du Bas-Rhin sont heureuses d'accueillir l'exposition sur les Stolpersteine, ces "pavés de mémoire" après sa présentation à l'ORT Strasbourg, au mois de janvier 2019, et à Lieu d'Europe, au mois de mars.



"Ici habitait"...

Le concept est né du travail de l’artiste allemand Gunter Demnig.

Stolperstein en allemand signifie littéralement une pierre qui fait trébucher. Elle désigne un obstacle, un handicap. En français, on le traduit le plus souvent par « pierre d’achoppement ».L'artiste a imaginé des petits pavés dont la face supérieure est recouverte d'une plaque en laiton gravée où sont inscrits : « ici habitait » (Hier wohnte), le nom, la date de naissance et le destin individuel d'un déporté, son lieu de déportation et la date de sa mort.

Chaque cube rappelle en effet la mémoire d’une victime du nazisme, persécutée, arrêtée, torturée, déportée, puis assassinée dans un camp de concentration ou dans un camp d’extermination parce qu’elle était Juive, Rom, Sinti, Communiste, membre de la Résistance, homosexuelle, handicapée, Témoin de Jéhovah...

Encastrées dans le trottoir devant le dernier domicile des victimes, plusieurs milliers de Stolpersteine ont ainsi été placées depuis 1993, d’abord en Allemagne puis par la suite dans de nombreux pays européens. Actuellement, il y a plus de 77 000 Stolpersteine dans 22 pays européens.

A Strasbourg, une équipe pluridisciplinaire travaille depuis trois ans sur le sujet. Les 20 premières Stolpersteine seront déposées le 1er mai dans les rues de la ville, en présence de Gunter Demnig, suivies de 30 cet automne. 

Mémoire et pédagogie 

Le projet, à forte valeur mémorielle et pédagogique, déborde largement le cadre strasbourgeois : la pose de premières pierres aura lieu dès le 30 avril à Muttersholtz des plusieurs citoyens ou acteurs sociaux manifestent déjà leur intérêt pour voir un ou des Stolpersteine apposés dans leur commune.

Rappelons que 890 personnes, membres de la communauté juive qui habitaient à Strasbourg et avaient quitté la ville dès septembre 1939, ont été déportées. Le chiffre est de 2.464 pour le Bas-Rhin, constituant ainsi la très grande majorité des déportés du département.

La préservation de cette mémoire incite les historiens et les acteurs du projet à archiver les recherches biographiques et historiographiques qui ont déjà été réalisées et continuent de l’être, sur la base d’archives locales, nationales et internationales.

Les Archives départementales sont associées aux recherches biographiques sur les victimes et co-organisent le vendredi 17 mai prochain, avec l'association Stolpersteine 67, une journée pédagogique sur la question.